L’intuition
Des évidences qui déstabilisent

Le neuro-droitier est souvent sûr d’avoir raison, non pas parce qu’il ne peut pas imaginer d’alternatives, mais parce qu’il les a passées en revue et qu’elles ne tiennent pas la route.
Ce n’est pas un manque d’ouverture, mais plutôt une capacité à percevoir simultanément plusieurs aspects d’une situation, à aller rapidement à l’essentiel, voire plus en profondeur que les signes superficiels.
C’est bien le résultat d’une analyse approfondie qui le conduit à affirmer « c’est comme ça ! ».
Mais il ne sait d’emblée dérouler le raisonnement qui l’a conduit à cette affirmation.
Il sait pourtant, au fond, que c’est le résultat d’une logique, d’observations, d’une analyse qu’il a effectuée. Sauf qu’il ne sait pas consciemment laquelle.

C’est ainsi que souvent il sait ce qui conviendrait à ses amis ; qu’il sait quelle décision serait la bonne pour son entreprise, pour son service ; qu’il voit pertinemment l’aboutissement d’une situation donnée.
Ce qui, déjà, est déstabilisant.
Ce qui l’est encore plus, c’est que quelque temps plus tard, ses « prédictions » se réalisent, ses idées sont formulées par ceux-là même qui le regardaient avec des yeux ronds lorsqu’il en a parlé auparavant.

Un traitement de l’information en parallèle
L’intuition est le résultat d’un traitement en parallèle des informations présentes dans l’environnement.
Un peu à la manière de la vision panoramique de l’appareil photo : vous voyez tous les éléments posés sur le bureau devant vous. Les visualisant tous dans le même temps, vous ne pouvez pas les verbaliser (la parole est séquentielle, c'est-à-dire que vous ne pouvez dire qu’un mot à la fois, pas tous ensemble).
Traitant tous ces éléments en parallèle sans les verbaliser, cela vous donne votre évidence.
Mais une évidence qui n’est pas une vue de l’esprit, mais le résultat d’un raisonnement élaboré et très bien structuré. Un raisonnement efficace mais différent.

Des caractéristiques particulières
Appréhender en même temps tous les éléments qui arrivent, traiter les informations qui correspondent, en faire une synthèse claire et, enfin, en tirer une conclusion appropriée, implique des caractéristiques particulières pour les différents systèmes concernés.
- Une grande sensibilité des perceptions
• Percevoir tout ce qui vous arrive implique que vos cinq sens soient particulièrement sensibles.
Cela veut dire plusieurs choses.
D’une part, qu’ils sont plus sensibles tout court. Ce que l’on appelle scientifiquement l’hyperesthésie.
D’autre part qu’ils sont en alerte permanence, « l’œil aux aguets », afin de pouvoir réagir dès que quelque chose d’intéressant apparaît.
• De manière plus générale, cette sensibilité des cinq sens se retrouve, selon le même principe au domaine des émotions. Vous y êtes plus sensible, parfois hypersensible même, voire susceptible. C’est cependant ce qui vous donne votre empathie, cette capacité à « sentir » les émotions de l’autre.
- Une perception des détails
Activer ses cinq sens est bien, mais il faut encore percevoir ce qu’il y a d’intéressant dans l’environnement, c'est-à-dire les moindres détails : la fausse note, peu audible dans un morceau de musique, l’oiseau qui s’envole loin devant vous, …
- Une grande rapidité de pensée
Pour traiter plusieurs informations en parallèle, la pensée est logiquement plus rapide que celle qui traite une information et une seule.
Cela conduit à arriver plus vite que les interlocuteurs à leur conclusion, et, le cas échéant, à finir leurs phrases avant eux, ou à « sauter » un ou plusieurs mots pour rejoindre leur pensée qui, elle, est déjà plus loin.

La combinaison de tout cela avec le traitement en parallèle des informations par l’hémisphère droit du cerveau produit l’intuition si caractéristique des neuro-droitiers.

 

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